Défécondité, ses raisons, sa déraison

Mathématicien et philosophe, Olivier Rey a écrit des romans, des essais (Leurre et malheur du transhumanisme chez Desclée de Brouwer, notamment) et est l’auteur d’un autre « tract », L’Idolâtrie de la vie en 2018. Ici, il s’attaque à un sujet devenu prégnant dans le débat public français, l’effondrement de la fécondité, la dénatalité en fait.

Ne plus faire d’enfants

Eh oui, la France, dont la trajectoire est atypique (elle fut le premier pays à commencer sa transition démographique), a rejoint récemment le reste de l’Europe mais aussi d’une bonne partie du monde : les françaises font de moins en moins d’enfants, largement en dessous du seuil de renouvellement des générations (2.1 enfants par femme). La tendance est ancienne et remonte au milieu des années soixante-dix pour l’Europe. Le développement de la contraception et du travail féminin, les difficultés économiques sont des causes connues. Aujourd’hui s’ajoute la peur de l’avenir et certainement l’éco-anxiété pour les jeunes générations. Et puis, comme le relève Olivier Rey, pourquoi avoir des enfants au fond ? Il y a un effondrement du désir d’enfants, particulièrement chez les femmes. Mais est-ce inéluctable ?

Quel avenir ?

L’Asie a accompli en une trentaine d’années ce que l’Europe a fait en deux siècles, une transition démographique qui a amené la Chine à passer de 3 à 4 enfants par femme à 1.2 aujourd’hui, sans compter la Corée du sud qui est tombé à moins de 1 enfant par femme (!). En tout cas, ce refus d’engendrer, de transmettre la vie (et beaucoup d’autres choses : la culture, la mémoire, le passé, la suite des… générations) peut avoir des conséquences terribles dont celui de refuser la vie car au cœur de l’expérience humaine, il y a la vie et certainement l’expérience de la parentalité.

Essai roboratif, dérangeant aussi.

Sylvain Bonnet

Olivier Rey, Défécondité, Gallimard « tracts », octobre 2025, 64 pages, 3,90 euros

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