Le Passager du Polarys, Simenon en BD

Après Simenon l’Ostrogoth, José-Louis Bocquet signe Le Passager du Polarys. Dans son roman, initialement paru en 1932 et premier roman policier signé de son nom qui n’est pas attaché à la figure de Maigret, Simenon jette ses personnages en mer hostile. Christian Cailleaux s’exprime quant à lui, avec tout son talent pour nous confondre avec une époque de brumes et de sang.

un passager manquant sur cinq

Le corps était déjà raide, glacé. Pas une goutte de sang qui ne fût complètement coagulée. Le crime avait dû être commis pendant la nuit…

La vie, mais surtout les nuits parisiennes des années 20, est bien folle et ce jusqu’aux excès. Un matin, une jeune femme est retrouvée nue et morte dans un atelier d’artiste. L’enquête est menée pour déterminée si c’est bien un meurtre qui vient d’être commis !

Mais nous voici propulsé à Hambourg sur le Polarys, un bateau de transport de marchandises qui prend de rares passagers en cette saison hivernale. Il part en direction des mers du nord et dès le souper en compagnie du Capitaine, un des cinq passagers est manquant. Après vérification, sa cabine est vide de son occupant mais ses bagages bien présents.

A cette même table Katia Storm, femme fatale ‘il en est, part pour la pointe Nord de la Norvège, destination étrange en plein hiver et surtout pour une femme seule, à cette époque.

Cette même nuit, dans le port suivant, un conseiller de police ayant loupé le départ de Hambourg se mêle aux passagers anonymement. Il vient mener une enquête sous couverture.

Un meurtre, un passager qui disparait, une femme qui n’a pas sa place en ces lieux, un policier qui enquête… Mais quel est le lien entre ces évènements ? Bien d’autres mystères vont se recouper sous ces flots limpides.

Ambiance glaçante

Bien-sûr l’hiver du grand nord participe à donner le ton de cette bande dessinée, rendu par un dessin exigeant. Tous les ressorts d’un bon polar sont réunis pour passer un excellent moment. 

Ce récit est inspiré de son propre voyage sur le Polarys dans les années 30. Et même si l’intrigue n’est pas renversante c’est bien l’atmosphère souhaité par le scénariste et rendu par le dessinateur. La pâte de Christian Cailleaux apporte de la psychologie et de l’émotion aux personnages qui les rends vivants et attachants. Un découpage classique mais avec des cases en une page qui donnent l’impression d’être en haute mer. Il ne choisit par le sépia par facilité mais utilise une tonalité de couleurs plutôt ocre et bleutée d’un bel effet.

Le Passager du Polarys est une belle réussite qui donne envie de replonger dans l’univers de Simenon.

Xavier de la Verrie

José-Louis Bocquet (scénariste), Christian Cailleaux (dessin), Le Passager du Polarys, Dargaud, « Simenon, les romans durs », 2023, 80 pages, 20,50 euros

Le roman est disponible en Livre de poche (juin 2004, 194 pages, 6,90 euros)

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