Images de la fin du monde, apocalypse sadienne

Un auteur singulier

Né en 1974, Christophe Siébert écrit depuis une vingtaine d’années poèmes et récits. D’abord publié dans des revues underground, il travaille avec plusieurs collectifs et sort son premier roman, J’ai peur, en 2007 chez La musardine, éditeur plutôt spécialisé dans l’érotique. En 2019, Métaphysique de la viande, roman âpre racontant la naissance et les fantasmes d’un tueur en série, a été récompensé par le prix Sade. Au printemps 2020, il a proposé une fiction particulièrement détonnante, Images de la fin du monde.

Bienvenue en enfer

Nous sommes en 2025. Mertvecgorod est une cité polluée, surpeuplée et où règne le crime  qui a déclaré son indépendance lors de la chute de l’URSS. Un de ses quartiers, la Zona, est un véritable cloaque à l’air libre et peuplé de putes, de drogués et des pires criminels qui soient. Nombre d’habitants de Mertvecgorod sont sous l’emprise d’un gourou, Nikolaï le Svatoj :

Celui que je suis venu rencontrer fait son entrée, encore plus impressionnant en vrai que sur les vidéos. Presque deux mètres, vêtements très ajustés qui mettent en valeur son impressionnante musculature, crâne rasé à blanc, regard sévère, des mains plus grosses que ma tête. Une gueule bizarre en y regardant de plus près, comme s’il souffrait d’une légère macrocéphalie. Seule la blancheur parfaite de sa moustache à la cosaque trahit son âge.

Gourou âgé de plus de quatre-vingt ans, Nikolaï se vautre dans le stupre et la drogue, régnant  sur une cour de débauchés violents. Quand un attentat fait plus de 8000 morts et 30 000 blessés, des rumeurs circulent sur son implication. Mais s’il y avait autre chose ? Et si le mal qui ronge Mertvecgorod était plus ancien encore…

Peindre l’horreur

Images de la fin du monde décoiffe cher lecteur ! L’auteur livre un récit violent, voire hyperviolent, mélangeant porno, érotique et visions sorties tout droit d’un snuff movie, dans une ville cauchemardesque. On notera ici et là des références à Sade et à Lovecraft.

Lire ce roman est une expérience, pénible pour beaucoup et enthousiasmante pour certains. Libre à vous de tenter le coup !  

Sylvain Bonnet

Christophe Siébert, Images de la fin du monde, Au diable Vauvert, mars 2020, 384 pages, 20 eur

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