Les princesses de Clèves, des actrices de leur temps

Chercheuse associée au Centre Roland Mousnier de Sorbonne Université, Claude Grimmer Fontange a publié notamment La Femme et le bâtard (Presses de la Renaissance, 1983) et plus récemment Le duc de Nevers (Fayard, 2021). Ici, elle revient sur l’itinéraire de trois sœurs, issues de la haute noblesse, les princesses de Clèves dont l’aînée, Henriette, fut la mère de ce duc de Nevers auquel Claude Grimmer Fontange a consacré une biographie.

Trois femmes, trois destins

Nées sous la Renaissance, ces trois princesses ont des destins passionnants. Henriette vit au cœur de la monarchie des Valois et est proche de la famille royale, on lui prête des aventures extra-conjuguales qui feront la joie d’Alexandre Dumas. Sa sœur Catherine est d’abord mariée à un prince protestant, Antoine de Croÿ, puis le duc de Guise, champion de la Ligue. La plus jeune, Marie, subit l’influence de la reine de Navarre Jeanne D’Albret. Elle est mariée d’office à Henri de Condé, épousant donc la foi protestante : la Saint Barthélémy en refait des catholiques mais Condé s’enfuit de la cour. L’occasion pour Henri III de tomber fou amoureux d’elle… mais elle meurt en couches.

Plongée dans l’univers aristocratique

Ces trois femmes sont restées relativement proches et se sont au fond mises d’accord pour se partager les biens de la famille après la mort de leur frère en 1564. Elles ont (surtout Henriette et Catherine) laissé de nombreux documents notariés qui renseignent sur leur situation financière mais aussi familiale. On sait ainsi que le fils de Catherine, Louis, fait cardinal, laisse un document pour se plaindre du choix fait par sa mère de le destiner à l’église. Et il précise bien qu’il ne fut jamais ordonné prêtre ! Ces trois femmes jouèrent, tous comme leurs époux, un rôle politique aujourd’hui oublié. Cet ouvrage permet de le comprendre.

Sylvain Bonnet

Claude Grimmer Fontange, Les Princesses de Clèves, Fayard, avril 2025, 320 pages, 24 euros

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