La France interdite, entretien avec Laurent Obertone

La France interdite, la vérité sur l’immigration

Entretien avec Laurent Obertone

 

Vous déclarez que « l’humanitarisme émotionnel est le Cheval de Troie de l’immigration ». Est-ce la victoire du camp des saints ? (3)

En quelque sorte ! Demandeurs d’asile, « migrants », réfugiés, travailleurs, réguliers, clandestins, les différentes immigrations sont confondues par nos responsables et grands médias sous l’utopie de la « richesse de la diversité », qui ne peut que nous profiter, et qui serait de toute façon inéluctable.

 

Votre amicale de la diversité, comment la définiriez-vous ?

Je pense à l’ensemble des individus qui, pour des raisons matérielles ou morales, défendent l’utopie du vivre ensemble, contre les faits, quitte à menacer, mépriser et conditionner l’opinion. Très minoritaires à l’échelle du continent, ils sont largement majoritaires dans les grands médias et parmi nos décideurs, et dans les faits c’est leur vision du monde qui prévaut.

 

Pouvez-vous nous parler du dépistage de la drépanocytose et nous dire pourquoi, à votre avis, le Ministère de la Santé a dilué l’intérêt de cette statistique ethnique dans une généralisation ? 

Le dépistage de cette maladie génétique concerne les nouveau-nés de parents issus de zones « à risque », qui correspondent à peu de choses près à la « diversité visible », c’est-à-dire à la plupart des populations aux origines extra-européennes établies en France. Ce dépistage représente donc une mesure du poids de ces populations dans les naissances en France. Plus de 40% aux dernières nouvelles, avec une progression constante depuis que les chiffres sont publiés. Devant les pressions de nombreuses associations et l’émoi de certains journalistes et élus, qui goûtaient fort peu cet encombrant outil de quantification, le gouvernement a trouvé un moyen de dépublier ces chiffres.

 

Le socialisme est le vol et le recel des biens et du territoire des français. »

 

Que peuvent avoir à gagner, à part être réélu, les politiques qui n’agissent pas contre la situation endémique que vous exposez ? 

Ce n’est pas tant par possibilité de gain que par risque de perte. Ces individus s’efforcent avant tout de ne pas perdre leur place, notamment au sein du groupe auquel ils appartiennent. Or, pressé par les faits, ce groupe est moralement de plus en plus rigide. Il a l’indignation facile… Ses membres doivent donc fortement se conformer à lui, faute de quoi ils en seront impitoyablement exclus. Ils se gardent donc d’émettre des opinions dangereuses, c’est-à-dire non-progressistes. Ils le font parce qu’ils ne peuvent renoncer à leur carrière, dans laquelle ils ont tant investi. Et s’ils le font, ils perdront toute exposition, et tout pouvoir.

 

Plus on supprime les frontières, plus on voit partout s’ériger des murs, des portes blindées, des parois de verre, des sas avec digicode, des portiques de sécurité, des résidences surveillées par des sociétés de gardiennage et des réseaux de caméras. […] Plus on prône la mixité, plus on voit partout les différentes composantes de la société se retrancher en communautés. »

 

(allez, on y va) N’avez-vous pas peur de faire le jeu du FN ?

Cette possibilité, brandie comme une menace, permet précisément de censurer tout véritable débat sur la question de l’immigration. Face aux foules et aux faits, l’amicale de la diversité n’a que l’intimidation… Je crois qu’il faut radicalement cesser de céder à ce chantage. Ce sujet transcende par ailleurs les clivages politiques. Je suis quant à moi parfaitement indépendant, « proche » de personne, et seuls les faits m’intéressent.

 

A de nombreuses reprises, dans votre travail, vous glissez des petits tacles, des réflexions acerbes, des remarques… tout cela ne peut-il pas jouer contre vous ? Vous faits bien sûr plaisir à votre lectorat, mais vous vous mettez à dos vos détracteurs en leur donnant des armes, alors que le travail scientifique se présente comme irréfragable. Si vous militez pour une prise de conscience, n’est-ce pas contre-productif ? 

Le sujet étant assez grave et sérieux, disons qu’il faut rendre tout ça un peu plus vivant, et un peu moins pesant… Mon but est de toucher un large public, et une thèse strictement universitaire n’aurait aucune chance d’y parvenir. Cela permet aussi de désacraliser cette amicale de la diversité, dont l’existence ne tient, je le répète, qu’au pouvoir moral que l’on veut bien lui concéder.

 

« Aujourd’hui on vite côte-à-côte… je crains que demain on vive face-à-face » Que pensez-vous de cette déclaration de Gérard Collomb pendant sa passation de pouvoir ? N’y voyez-vous pas le signe que vous avez raison et qu’ils le savent tous déjà ?

Que nous vivons une situation dramatique, je crois que beaucoup de nos concitoyens s’en sont rendus compte. Que le gouvernement l’admette officiellement, c’est déjà plus rare. Compte tenu de l’air du temps, ils se sentent obligés de donner un peu de mou sur la corde. Mais ils sont extrêmement loin des actes. Et ils feront tout pour les retarder, quand bien même leurs discours peuvent çà et là se durcir, par stratégie.

 

Quels sont vos propositions pour éviter la guerre civile que vous annoncez ? est-ce encore possible ?

Il faut avant tout arrêter de croire que jeter de l’argent sur le problème permettra de pallier l’absence de courage politique.

Ce vivre ensemble n’est pas une chance, et n’a aucune chance. C’est à cette croyance qu’il faut commencer par renoncer. Il faut cesser de chercher des solutions à un problème qui n’en a pas, et cesser de vouloir imposer cette utopie par la force, car les dégâts qu’elle va générer — et qu’elle génère déjà — sont immenses. Pour contrôler l’immigration comme pour réduire l’insécurité, il suffirait de mesures minimes. Le plus dur est de briser le mur du politiquement correct qui les empêche, et qui empêche même de les envisager.

 

Propos recueillis par Loïc Di Stefano

(3) Dans son roman Le Camp des Saint (Robert Laffont, 1973), Jean Raspail décrit les conséquences d’une immigration massive sur la civilisation occidentale, en particulier la France.

 

Laurent Obertone, La France interdite, Ring, septembre 2018, 532 pages, 19,95 eur

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