La France interdite, entretien avec Laurent Obertone

Succès de l’automne malgré l’ostracisme de la presse mainstream (1), La France interdite est le nouveau document de Laurent Obertone, auteur des sulfureux La France Orange mécanique et La France Big brother. Fermant son triptyque documentaire à l’aube de ce qui pourrait être les prémisses de son roman Guérilla — la guerre civile en France à force de communautarisme sectaire et de mépris des natifs —, Obertone pose avec calme et sérénité la question la plus brûlante qui soit aujourd’hui : l’immigration. Soucieux de poser pour la première fois de manière claire et irréprochable cette question difficile, Laurent Obertone noie d’abord un peu son lecteur sous des chiffres, des études universitaires et statistiques, des références, mais avec une seule espérance : qu’on ne vienne pas mépriser son travail comme partisan.

Les statistiques ethniques étant interdites en France, Laurent Obertone établi des parallèles très parlant entre la France et des pays ayant reçu le même degré d’immigration (Angleterre, Etats-Unis notamment) pour en tirer des conclusions douloureuses : l’aide sociale à outrance, les concentrations géo-ethniques, la discrimination positive, l’apitoiement sociétal, l’aveuglement volontaire politique etc., outre que cela ne fait pas société, c’est même très exactement anti-social et brise jusqu’à ses fondements mêmes la nation. La France n’a été une terre de migration qu’à partir du XIXe siècle (contrairement à ce que prétendent certains), et pourtant en peu de temps au moins 40 % de la population est d’origine étrangère aujourd’hui. Cette croissance importante est à mettre en parallèle également avec une surnatalité d’un côté et une dénatalité de la part des natifs, ajouté à un départ des natifs les plus aidés ou éduqués et l’arrivée massive d’étranger non-éduqués : ce qui fait que la France — comme beaucoup d’autres pays attractifs — un pays en voie de tiers-mondisation.

Laurent Obertone rappelle avec force une vérité dont on ne parle quasiment jamais, sauf au moment de drames : il y a plusieurs immigrations. L’immigration de qualité et l’immigration de quantité. L’immigration des Africains et sub-sahariens qui s’entassent dans des camps, sur les trottoirs, et l’immigration des asiatiques (les oubliés, et pourtant ceux qui sont un véritable enrichissement pour le pays qu’ils choisissent). L’immigration immédiate et l’immigration oubliée parce que les étrangers d’alors sont depuis devenus français par naturalisation. Ainsi, comme la France a choisi l’immigration de masse et favorise une origine moins éduquée, c’est sur le dos de la classe ouvrière que cet afflux va peser : dans un pays avec un fort taux de chômage, comment intégrer ces masses non qualifiées sinon en leur faisant une place parmi les autochtones déjà peu éduqués ? Le Parti Communiste de Georges Marchais alertait déjà sur ce risque, mais la grande industrie a sans doute d’autres visées…

Force est d’admettre qu’est ainsi organisé l’effondrement du capital social (le degré de confiance mutuel entre les citoyens) et que des îlots communautaires se forment et fragmentent le pays. Il suffit de lire les journaux et de compter — comme dans La France orange mécanique ? — les faits-divers qui impliquent un acte raciste (toutes couleurs confondues), xénophobe, antisémite…

Laurent Obertone, pour sa part, va aux faits, dans un travail d’enquêteur précis que plus aucun journaliste n’oserait tenter, car la masse des documents qu’il organise est impressionnante et « non genré » politiquement. Peut-être aussi parce « 87 % [des journalistes] sont en faveur de la régularisation de tous les sans-papiers (Marianne, 2001) » et qu’ils préfèrent regarder ailleurs…

On pourra toujours avancer ses propres convictions face à cet immense travail de recherche, mais si l’on veut y opposer d’autres faits et récuser ses thèses, il va falloir être convainquant… On pourra toujours dire le contraire, parler d’humanisme généreux et de politique d’ouverture, de la nature humaine qui est d’être nomade (dixit Mélenchon), de l’impossibilité de faire quoi que ce soit et donc de la résignation comme dogme politique, ou simplement opposer un angélisme béat et rappeler à chaque fois que quelques migrants sur un bateau ne vont pas envahir la France, que « l’âme de l’Europe est à bord de l’Aquarius » (Jacques Attali), le souci n’est pas là : car l’immigration massive se fait par les visas et des personnes qui ne repartent pas…

Dans une France où la démocratie est confisquée par quelques média (2), ce regard lucide n’est pas une charge raciste, car Obertone sait bien que ceux qui viennent sont appelés à le faire par un intérêt économique évident — outre les records des aides accordées aux primo-arrivants, les aides sociales en France représentant dix à vingt fois le montant des salaires des pays d’origine —, mais son plus gros reproche va aux dirigeants politiques qui refusent de voir, de comprendre, et ont permis que cela advienne. Puisque d’autres y parviennent (l’Australie notamment), ceux qui ne contrôlent pas leur immigration sont donc ipso facto volontaristes… A raison, Obertone stigmatise l’Etat qui utilise les immigrés à des fins de manipulation et de gouvernance, et non pas les immigrés eux-mêmes qui, de leur point de vue, on raison de venir profiter de tout ce qui est mis à leur disposition.

Laurent Obertone n’est qu’un observateur lucide et sans oeillère, il ne fait pas advenir le pire pour vendre un livre, il s’attache à décrypter le réel et les raisons qu’ont certains de le cacher, souvent à soi-même. Et son discours déplaira à beaucoup, sans doute. Le réel, quant à lui, n’a pas à plaire, il est, et le regarder avec simplicité et maîtrise est déjà, aujourd’hui, un acte de bravoure.

 

Loïc Di Stefano

 

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(2) 75% des français estiment qu’il y a trop d’immigrés, pourtant les élus continuent d’en vouloir plus. Les français votent contre un traité européen, on le leur impose. Les français sont contre les glyphosates, on le leur impose. Etc.

 

 

Lire l’entretien avec Laurent Obertone à propos de La France Interdite, la vérité sur l’immigration

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