La Danse macabre de Jean d’Aillon

Sixième tome des chroniques d’Edward Holmes et Gower Watson, La Danse macabre nous plonge une nouvelle fois au cœur de la Guerre de cent ans. Nos deux héros vont encore une fois se retrouver aux prises du Jules César du crime, James Murtagh.

Au cœur de la Guerre de cent ans

1425. la France est toujours ravagée par la guerre opposant les Armagnacs et les Bourguignons. Celle-ci entraîne mort et misère particulièrement chez les plus pauvres de la capitale. Ces derniers peuvent trouver du réconfort dans l’observation de la danse macabre du charnier des Innocents. C’est en observant cette dernière qu’un détail attire le regard aiguisé d’Edward Holmes. Un détail qui va le mettre une fois de plus sur la route de son ennemi juré, James Murtagh. Mais sa traque du Jules César du crime va devoir attendre. Alors que le grand duc de Bourgogne, Philippe le Bon, s’éloigne de son allié anglais, Holmes se voit proposer de retrouver une jouvencelle de sang royal, la fille d’Odette de Champdivers, dernière maîtresse de Charles VI.

Le maître du genre

Jean d’Aillon n’est pas le premier à avoir voulu se mettre dans les pas de Conan Doyle, reprenant son mythique duo d’enquêteurs. L’intérêt ici de ce dernier vient de l’époque dans laquelle ils évoluent et des intrigues historiques que l’auteur a développé tout au long de ces six tomes. Le choix de la guerre de cent ans et du conflit sous jacent entre Bourguignons et Armagnacs fournit tous les rebondissements nécessaires aux intrigues. Ici, le projet d’assassinat de Philippe le Bon par le duc de Gloucester mais aussi le complot du moine Etienne Chariot. Le vocabulaire, les liens politiques sont détaillés et dressent un portrait sans concession du XVe.

Le canon holmésien

C’est dans ce contexte très bien dépeint qu’Edward Holmes enquête. On retrouve chez lui des traits de caractère du héros de Conan Doyle comme son sens aigu de l’observation ou son apathie lorsqu’aucune enquête ne vient stimuler son intelligence. Jean d’Aillon a également repris les grands épisodes du canon holmésien : Une étude en écarlate ( Une étude en rouge), Le Chien des Basqueville (Le chien des Baskerville) ou encore La Ville de la peur (La vallée de la peur). On retrouve bien entendu l’ennemi mythique sous l’identité de James Murtagh ou Moriarty, le Jules César du crime. Enfin sans trop en dévoiler, les connaisseurs retrouveront la scène emblématique du « dernier problème ».

Malgré quelques longueurs, c’est toujours un plaisir de se plonger dans une nouvelle aventure d’Edward Holmes. Une fois encore, les références à Jeanne la Pucelle, laisse imaginer un rôle particulier de ce dernier dans l’histoire de France. Reste à savoir comment cela sera amené par l’auteur. Un seul petit regret : les références à un autre épisode des aventures d’Edward Holmes, La Maison de l’abbaye, qui, s’il est antérieur à La Danse macabre, n’est paru qu’en janvier. Par conséquence, certaines références étaient quelques peu obscures : une seule solution, lire de toute urgence cet opus.

Clio Baudonivie

Jean D’Aillon, La Danse macabre, Editions 10/18,  « Grands détectives », novembre 2019, 552 pages, 8,80 eur

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